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Pierre Keller, photographié par Anoush Abrar

Cher Pierre,

Comment imaginer ce silence? Nous sommes orphelins de tes projets percutants, de ta fougue indomptable, de ton verbe revigorant. Rien ne pouvait arrêter ton énergie guidée par une intuition phénoménale. Elle engendrait parfois des turbulences, mais avec quel succès à la clef! Car, derrière ce succès, il y avait une grande sensibilité et une immense générosité.

Et puis ce bon sens terrien vaudois, qui aime concrétiser les choses. C’est ainsi que nos premiers pas dans une usine vide à Renens en 2005 ont donné lieu à l’un des plus prestigieux centres de créativité. Tisser des liens entre art et ingénierie, entre une école d’art et une école polytechnique n’était pas gagné. Mais ta force de travail et de persuasion faisait fi de tous les obstacles. En 2007, nous inaugurions l’EPFL+ECAL Lab dans le nouveau bâtiment de l’ECAL.

Et puis, il y avait toujours un temps pour le repos des guerriers, avec un bon verre de Dézaley pour sceller un accord et célébrer une amitié. Nous poursuivons de plus belle l’aventure commencée ensemble, grâce à toi. Et nous penserons, sourire et verre aux lèvres, que tu as déjà commencé à mettre de l’ordre dans l’au-delà. Ils étaient nombreux à t’attendre: Keith Haring, Jean Tinguely et tant d’autres.

D’ailleurs, en parlant de silence, ce coup de tonnerre, lundi, au-dessus de St-Saphorin…

Nicolas Henchoz
Directeur de l’EPFL+ECAL Lab